Affiche du film querer montrant les personnages principaux

« Querer » : une série percutante sur les violences de genre

Quatre épisodes, quatre heures de tension. On plonge directement dans le parcours de Miren (incarnée par Nagore Aranburu), qui après 30 ans de mariage porte plainte pour viol conjugal. Une décision importante qui va impacter sa vie mais aussi celle de son entourage.

Pourquoi on aime

Réaliste et subtil

Pas de voyeurisme ici. L’austérité de la mise en scène sert l’émotion. Les silences, les regards, les respirations racontent mieux que mille discours la complexité des liens, des peurs, et des mécanismes de défense face à la violence.

Violences de genre et emprise

La série aborde les violences de genre – un terme peu répandu en France, sauf dans les milieux féministes – avec finesse et intelligence. Elle met en lumière le contrôle coercitif : comment un homme peut construire, lentement, un récit qui isole, discrédite, puis détruit.
Miren est décrite comme “folle”, “instable”, même aux yeux de ses propres enfants, élevés dans ce brouillard de suspicion.

Un milieu aisé, un tabou brisé

Ici, le confort matériel ne protège de rien. Querer montre comment, même dans les milieux favorisés, l’ordre social et les apparences peuvent servir l’agresseur. L’entourage minimise, détourne le regard, refuse d’“être mêlé à ça”.
Le maintien du standing devient plus important que la justice ou la sécurité.

Des fils ballotés

Querer montre avec beaucoup de justesse ce que vivent les enfants lorsqu’ils grandissent dans un climat de violence invisible. On y découvre des jeunes ballotés entre loyauté envers leur père et besoin de protéger leur mère. Ils ont grandi dans une maison où les violences psychologiques étaient normalisées, banalisées, parfois même justifiées.
Le fils aîné, en particulier, est un personnage marquant : assez mutique, en souffrance au final, il incarne les dégâts d’un conflit de loyauté impossible. Il a été élevé dans le discours du père, celui qui décrivait sa mère comme instable. Et même s’il commence à questionner cette version, on voit combien les comportements violents peuvent s’ancrer et se rejouer, parfois inconsciemment.
Querer interroge ainsi les traces durables de la violence sur les enfants, y compris quand celle-ci ne prend pas la forme de coups – mais aussi comment il est possible, parfois, de briser ce mécanisme de reproduction.

Reconnue par la critique
  • Grand Prix à Séries Mania 2025.
  • Louée pour sa subtilité et sa justesse d’écriture .
  • Critiques saluant l’interprétation d’Aramburu, tour à tour forte et fragile.
  • Un traitement sec, froid, comme il faut sur un sujet encore tabou

Ce que Querer nous rappelle

Que la violence ne ressemble pas toujours à ce qu’on croit.
Que l’emprise peut traverser les murs les plus confortables.
Que briser le silence, c’est aussi briser l’isolement.
Et que nous avons toutes et tous un rôle à jouer dans la manière dont une parole est reçue.

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